Mendataire judiciaire à la protection des majeurs.
Présentation :
Je m’appelle Sylvie Cellier, je travaille à l’association Arianne depuis presque 15 ans.J’ai débuté dans l’association Ariane en tant qu’éducateur spécialisé.
J’ai commencé ma carrière comme éducatrice de jeunes enfants ensuite j’ai voulu travailler avec des adultes et je suis devenue éducatrice spécialisée et j’ai fait la formation de mandataire judiciaire à la protection des majeurs.
Quel est votre rôle dans la délégation Ariane ?
Je suis mandataire judiciaire c’est-à-dire que je dois appliquer des mandats qui sont conférés à la délégation Ariane. J’exerce des mesures qui me sont confiées par le président de la délégation.
Comment vous définiriez votre métier ?
Il y a différentes parties dans mon métier : une partie de droit car j’exerce notre métier dans un cadre juridique. Ensuite, il y a une partie de relations humaines avec les personnes dont je
m’occupe. Et enfin, une partie « éducative » : on apprend à nos majeurs à gérer leur budget et leurs papiers administratifs (demande RSA, assurance, déclaration d’impôt …).
On peut dire que c’est métier qui se situe entre le social et le juridique.
Qu'est-ce qu'apporte votre métier à la société ?
Il apporte une mesure de sécurité pour la population .La société attend des mandataires qu’ils prennent en charge des personnes qui ont des difficultés dans leurs gestions administratives et financières (les deux sont souvent liés) et de les remettre dans les « rails » pour qu’ils retrouvent une certaine autonomie. Il faut savoir que dans mon service, on s’occupe de majeurs ayant des difficultés psychique qui peuvent mettre plusieurs années à retrouver une pleine autonomie, voir jamais.
Qu'est-ce qui vous a poussé à faire ce métier-là ? Pourquoi avoir choisi ça ?
Je n’ai pas commencé ma carrière par ce métier-là. J’ai exercé quelques années dans la petite enfance, mais ne me trouvant pas très à l’aise, j’ai décidé de m’occuper d’adolescents. Ensuite j’ai voulu travailler avec des adultes et j’ai intégré la délégation Ariane. De plus je connaissais déjà ce métier puisque que je m’occupé de jeunes qui étaient pris en charge par des mandataires.
Dans ce que vous faites qu'est-ce qui vous donne envie de continuer à aider ces personnes ?
Ce que je préfère c’est le côté relationnel avec les majeurs.
Mais aussi le travail de partenariat avec les infirmier(e)s psychiatrique, les assistantes sociales, et puis la diversité du métier ; on fait de l’administratif de base (Sécurité sociale, allocation adultes handicapés, droit à la retraite…),de l’administration financière (les comptes, le budget…), le juridique (les relations avec les juges des affaires familiales, on peut être appelé au pénal pour des affaires pénales, au correctionnel, le travail avec les juges des enfants…).
-Est ce qu'il y a des difficultés dans l'exercice de votre métier ?
« On nous demande de faire des miracles ! » Rires… En ce moment, je suis un monsieur salarié qui a beaucoup de dettes. Donc son salaire sert à les rembourser et il ne lui reste plus assez d’argent pour vivre convenablement, par conséquence je ne reçois pas assez ressources financière pour aider cette personne (les ressources que perçoivent les mandataires pour aider les majeurs proviennent de ce que gagne le majeur, ndrl). En revanche, on me demande de tout faire pour qu’il puisse vivre correctement!
Il y a aussi d’autres difficultés : le travail avec la maladie mentale, certaines personnes sont gravement malade (ex : schizophrénie), le fait de devoir interner les malades dans des hôpitaux psychiatriques, ce qui n’est pas toujours facile !
Il existe aussi des difficultés liées aux problèmes d’organisation du service, de plus ils ont récemment fusionné avec 3 autres délégations. Et puis on a des règles à respecter, on ne paeut pas faire ce qu’on veut.
Est-ce que c'est dur pour vous de séparer vie professionnelle de vie privée ?
Je n’ai pas de problème avec cela! Il faut savoir séparer sa vie professionnelle et sa vie privée, ne plus penser à notre travail quand on rentre chez nous, surtout dans ce métier.
Qu'est-ce que vous conseilleriez à quelqu'un qui voudrait faire votre métier ?
Il ne faut pas commencer pas ce métier, il faut avoir de l’expérience et savoir prendre du recul car ce n’est pas un métier facile.
Il faut savoir respecter les majeurs, de plus ceux sont souvent des gens plus âgés que nous, des gens qui ont de l’expérience dans la vie. Nous ne sommes pas là pour leur dire ce qu’ils doivent faire mais pour les conseiller, les guider, les orienter et travailler au mieux pour que leurs projets se réalisent. Et c’est cela qui est difficile, car on veut projeter sur l’autre ce que l’on voudrait qu’il fasse. Il faut vraiment faire attention à cela. Je pense que c’est une des qualités du mandataire.
Propos receuillis par S.Lena
Interview du Chef:
Pouvez-vous présentez ?
Je m’appelle Christian F., je suis chef de service médicaux social et aussi responsable de délégation de tutelle à l'association Ariane spécialisé dans la maladie mentale.
Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi l'association a-t-elle été créée ?
- Tout cela a commencé à l'A.T.I : l'association tutélaire des inadaptés. Cette association faisait partie des papillons blancs qui s'occupaient de déficients mentaux. Pour vous expliquer la différence entre un malade psychiatrique et un déficient mental : une personne trisomique est un déficient mental de naissance alors qu’une personne qui a eu le cordon ombilical peut avoir des séquelles de déficiences mentales ou il sera infirme médicaux cérébral.
Donc, cette association des papillons blancs et de l'A.T.I s'est aperçu qu'il y avait des personnes parmi les déficients mentaux qui n'était pas harmonique, avec une déficience légère, mental profonde, c'est à dire sans trouble du comportement .C’est à ce moment qu’est apparu le besoin de créer une association spécifique pour s'occuper des personnes ayant des troubles psychiques parmi les déficients mentaux. C’est comme cela qu’Ariane est née, dans les années 80, pour prendre en charge ces personnes.
Comment s'organise le service ?
-Ici nous sommes organisés en sept bureaux de trinômes. Dans chaque bureau, il y a un technicien tutélaire qui se charge du soutien administratif des mandataires, ainsi que deux mandataires. Il y a soixante dossiers par mandataires judiciaires cela fait cent vingt dossiers pour la ou le technicien tutélaire.
Il y a aussi un chef de service, un service comptabilité, un secrétariat et un service secrétariat téléphonie pour accueillir les personnes
Quel est votre rôle par rapport aux mandataires ?
-Mon rôle se concrétise de par l'organisation de la structure : je m'occupe de tout ce qui est horaires, management. Il faut savoir que dans le management la partie la plus difficile est l'aspect humain car il y a des relations des interrelations entre les gens ce qui n’est pas toujours évident. J’organise aussi organiser des réunions, j’ouvre des mesures avec les mandataires, j'accompagne les personnes. Et les trois quarts de mon travail c'est de l'organisation : gérer les congés, les absences, m'occuper aussi de tout ce qui est l'aspect sécurité. En effet, ici il y a des bureaux d'accueil, il y a des portes qui fermes à clés, il y a des portes automatiques, toutes sortes de choses qui permettent de sécurisé nos bureau. Il faut savoir que si nos bureaux sont autant sécurisé, c'est parce que l'on a à faire à des personnes qui peuvent êtres violentes. Notamment en 1995 au mois d'août, durant le pont du 15 août, une collègue a été assassinée. Elle s’appelait Isabel V.Elle a été assassinée dans le service social alors qu’elle tenait une permanence. Un monsieur qu'elle avait repéré comme trafiquant au niveau de la caisse d'allocation familial c'est vu un peu acculé et est revenu avec un couteau et l’a assassiné. C'est pour cela qu'il y a de la sécurité.
Qu'est-ce que vous attendez de vos mandataires ?
-J’attends qu'ils prennent en charge les mesures, qu'ils tiennent leurs comptes et qu'il y ait une bonne gestion. J’attends d’eux qu'ils accompagnent les majeurs comme des « bon père de famille » parce que c'est les termes de la loi. Ils doivent respecter leurs majeurs et leur procurer une accessibilité au niveau de tout ce qui est social et par rapport à leur droit. Voilà ce que j'attends.
Avant d'être chef, vous fessiez quoi ?
Je n’ai pas eu la chance de faire des études supérieurs quand j'étais jeune donc étant issue d'une famille ouvrière, je suis devenue apprentis pâtissier boulanger. Mais cela ne me plaisait pas, donc je suis parti à l'armée, j'ai fait militaire une paires d'années (rire). Et lorsque je suis revenue, je suis devenu horticulteur. J'ai eu ma période baba cool, en réaction avec le milieu militaire. Et ensuite j'ai eu l'opportunité de pouvoir rentrer dans une maison d'enfant à caractère socia l'I.M.P : institut médicaux psychologique d'Oxellar qui prenait en charges des adolescents plus que turbulent. J'ai un ami qui travaillait comme éducateur pré-stagiaire et il m'a proposé un travail. Je me suis que je pourrai utiliser mes connaissances en horticultures pour faire une technique éducative et puis encadrer ces jeunes gens un peu turbulents. Et puis il s'est avéré que le directeur de l'I.M.P d'Oxellar m'a orienté vers les sélections d'éducateurs spécialisés, j'ai passé les sélections, je les ai eu et puis voilà je suis devenu éducateur depuis 1985 ou 86 je ne sais plus, 18 ans de tutelles.
Est-ce que vous arrivez à dissocier vie professionnel et vie privée ?
En ce moment c'est très difficile parce que je suis le seul responsable de la délégation et ça prend beaucoup de temps. Et cela me fatigue beaucoup car normalement nous sommes deux responsables sur la délégation il y a quand même 35 personnes ici ! Mais oui, j'arrive à concilier les deux grâce à des hobbies, des passions ; je fais de la peinture à l'huile style primitif flamand donc ça prend énormément de temps ça me détend. Et principalement je fais aussi de la moto, parce que lorsqu’on est sur une moto, il faut se concentrer sur la route et si l’on pense à autre chose, on risque d’avoir un accident. La mot me permet de chasser mes pensées, c'est très calme la moto aussi contrairement à ce que l'on pourrait penser.
Vous conseillerez quoi à quelqu'un qui voudrait faire comme vous ?
– De faire des études de travailleur social, mais ceux ne sont pas des métiers qui payent fortement . Ne faites pas ça par vocation, c'est des métiers aussi qui apporte une grande liberté d'action on peut le voir ici les mandataires ne sont pas tous affairés dans leur dossier ne relevant pas la tête. Ici quand il y a trente-cinq personnes, ça va, ça vient. Les gens prennent leur responsabilité c'est comme si c'était franchement des cadres autonomes on est quand même dans un milieu ouvert, ça se passe différemment dans les foyers médiaux sociaux où là bon il faut être plus présent au niveau de l'encadrement parce qu'il y a des personnes présentes. Nous on reçoit le public sur rendez-vous et on va les voir à l'extérieur. Et ce que je conseillerais également c'est de peut-être faire des stages dans des milieux médicaux sociaux voir même des prisons. Il faut faire de l'immersion. »
Propos recueillis par Camille Masse