Pour cette interview, nous avons choisi d'interroger deux personnes : Mr Kestelyn Bernard et Mme Doublet Marie, ils ont connu la guerre. Pour l’interview, nous allons les appeler simplement par leur prénom. (ils ne sont pas de la même famille)
Ces personnes ont répondu à toutes les questions posées, l'ambiance était très chaleureuse.
Nous avons interviewé ces personnes chacune leur tour.
Nous allons donc commencer par Marie.
• Quel âge avez-vous? Quel âge aviez-vous pendant la guerre?
J'ai 83 ans. J'avais 9-10 ans.
• Est-ce que vos parents travaillaient?
Mon père travaillait dans une usine et ma mère était mère au foyer.
• Comment cela se passait à l'école?
A l’école, tout était normal , mais quand il y avait des alertes, nous devions nous mettre à l'abri.
• Y avait-il des alertes parfois et quand il y en avait , comment cela se passait-il?
Oui, il y avait parfois des alertes , cela durait environ une à deux heures. Tout le monde courait se mettre à l'abri qui étaient situés dans des plaines, ces abris étaient assez confortables, et nous y étions environ vingt. Ces abris étaient épais pour être bien protégés.
• Etait-il possible de sortir avec vos amis pour jouer ou vous promener?
Oui, nous pouvions aller dehors normalement, mais il fallait rester prudent, il y avait parfois de nombreux avions de guerre, donc ces moments étaient parfois écourtés.
• Qu'est-ce qui vous a le plus marqué pendant ces terribles années?
Ce qui m'a le plus marqué, ce sont les bombardements qu'il y a eu dans mon village et aussi de vivre dans l'angoisse au quotidien.
Voici maintenant les réponses de Bernard.
• Quel âge avez-vous et quel âge aviez-vous à ce moment-là?
J'ai maintenant 73 ans , et j'avais 4-5 ans.
• Qu'est-ce qui pouvait vous rendre heureux quand même et comment vos parents vivaient-ils la situation?
Nous devions faire avec et nos parents aussi. Petite anecdote , j'ai vu mon père pour la première fois à cinq ans , car il avait été fait prisonnier par les allemands en juin 1940, il a travaillé dans une ferme, il était dans le stalag 111B (camp de prisonniers). Nous allions donc à l'école et nous sortions quand même pour aller avec nos copains, et pour jouer, il n'y avait pas trop de dangers(Bernard vivait dans la ville de Lille).
• Comment était la vie quotidienne (le travail et pour se procurer à manger...)?
Mon grand-père avait un potager dans son jardin pour avoir des légumes et en ramenait de tems en temps à sa fille, ma mère, et nous avions des tickets de ravitaillement pour le lait , le pain.. Ces tickets étaient donnés en fonction du nombre de membres composant la famille.
Nous avions aussi un couvre-feu , nous devions fermer les volets et éteindre à 21 heures parce qu’il fallait respecter ce couvre-feu. Il arrivait aux soldats allemands de frapper aux fenêtres quand nous n'avions pas éteint à l'heure demandée.
Une autre petite anecdote, quand j'étais enfant , j'ai vu sur une place à Lille une femme exposée , elle se faisait raser les cheveux devant tout le monde car elle avait eu une aventure avec un soldat allemand.
• Comment cela se passait lors des alertes?
Nous devions nous habiller le plus rapidement possible, mon frère âgé de deux ans de plus que moi devait se débrouiller seul car ma mère devait s'occuper de ma sœur jumelle et de moi. Nous allions ensuite dans notre cave qui était reliée avec celles de nos voisins, comme ça, si une maison était détruite, nous pouvions nous réfugier dans une maison voisine.
En 1944 , il y a eu des bombardements vers l’Allemagne , et j'ai vu passé au dessus- de ma tête une escadrille formée d’une centaine d'avions.
Voilà , cette interview est terminée , j'espère qu'elle vous aura intéressé.