1) Qui est voltaire ?
Il est un des plus grands écrivains français : dramaturge, polémiste satirique, philosophe, historien et moraliste. François-Marie Arouet est originaire d'un milieu bourgeois, son père était notaire. Il fait de brillantes études chez les jésuites de Louis-Le-Grand. Suite a une altercation avec le chevalier Rohan-Chabot il est conduit à la bastille, puis il est contraint à un exil de 3 ans en Angleterre . Suite à ça, au contact des philosophes d'Outre-Manche où la liberté d'expression était alors plus grande qu'en France, il s'engage dans une philosophie réformatrice de la justice et de la société.
2) Pourquoi Voltaire est engagé ?
Voltaire est connu pour ses écrits philosophiques, pour sa grande ironie et pour sa lutte contre l'injustice, l'intolérance, la cruauté et la guerre. En France, dans les années 17" , il était l'écrivain menant le combat pour des réformes politiques et sociales dont on parlait le plus. Comme ses écrits critiquaient le roi et l'Eglise, il vécut la plus grande partie de sa vie dans la crainte constante d'être emprisonné. C'est pourquoi il passa relativement peu d'années à Paris: y séjourner était pour lui soit interdit, soit trop dangereux.
L’affaire Callas
Bien avant Emile Zola et l’affaire Dreyfus, Voltaire s’était démené pour défendre Jean Calas, protestant, injustement accusé du meurtre de son fils. Ce sera « l’affaire Calas » qui va enflammer toutes les cours européennes et mettre en lumière le mauvais fonctionnement du système judiciaire français, s’exerçant sans preuves, sans avocat, sans secret de l’instruction et sur la base de rumeurs avec des méthodes d’inquisition.
Petit résumé de l’affaire Calas. :
L’affaire Calas a été déclenchée par une rumeur consécutive à un fait divers. Cinq mois auparavant, Jean Calas, négociant en tissus, d’obédience calviniste, avait trouvé son fils Marc-Antoine, étranglé à l’âge de 29 ans, (rue des Filatiers à Toulouse), à son domicile. Croyant à un suicide, le père avait dissimulé le fait pour défendre l’honneur familial, le suicide étant très réprouvé à l’époque. Mais la rumeur fait son œuvre et Jean Calas est rapidement accusé d’avoir tué son fils, ce dernier voulant se convertir au Catholicisme.
Les protagonistes de cette affaire qui déchaîne les passions sont tous réunis en les personnes de Jean Calas le père, Anne-Rose Cabibel la mère, Pierre Calas le frère, Jeanne Viguière la servante et Gaubert Lavaysse l’ami de la famille. Le procès se tient à Toulouse sous la présidence du Capitoul David de Beaudrigue. L’affaire subit de nombreuses rumeurs et de faux témoignages.
Très vite, des écrivains viennent à la rescousse des accusés comme Laurent Angliviel de la Beaumelle qui prend partie pour la famille Calas. Le monde intellectuel est en effervescence. Pourtant, l’accusation tombe : « condamné à mort ». Jean Calas est ainsi reconnu coupable d’avoir tué son fils alors que les co-accusés sont libérés ou bannis.
Jean Calas est exécuté par un bourreau qui détruira l’œuvre écrite de La Beaumelle . Beaumelle est ensuite banni de Toulouse sous un faux prétexte : « mauvaise conduite ». Il continue cependant à écrire, à témoigner, pour demander la libération des filles de Jean Calas (elles sont enfermées depuis mai dans des couvents près de Toulouse).
Un peu auparavant, le génial Voltaire entend parler de cette triste affaire et prend acte de la condamnation de Jean Calas. Au début, il n’y croit. Mais fin mars, alors que Jean Calas est finalement exécuté, Voltaire prend conscience de l’erreur judiciaire. En effet, Donat Calas, un des fils du supplicié, rencontre Voltaire qui est désormais convaincu de cette erreur sans nom. Toujours égal à lui-même, l’emporté Voltaire dénonce les travers judiciaires et publie son « Traité sur la tolérance à l’occasion de la mort de Jean Calas » en décembre 1763. Le scandale est énorme à tel point que le Roi doit casser les jugements rendus contre la famille Calas en 1764.
Jean Calas fut dès lors réhabilité et Louis XV paya à la famille des indemnités.
L’affaire du Chevalier de la Barre
L’affaire du Chevalier de La Barre s’inscrit dans la longue série des « affaires » qui témoignent du légendaire « combat de Voltaire contre l’injustice ».
Le 9 août 1765 l’on découvre que le crucifix de bois qui ornait le Pont-Neuf a été tailladé. De la mutilation volontaire du crucifix, personne n’a rien vu.
Sur le crucifix du cimetière de la ville, (le cimetière sainte Catherine) , on avait collé des papiers maculés d'excréments, après avoir déféqué à ses pieds. Le juge, après avoir constaté ces faits, ouvrit une enquête. Il procéda à une instruction, de proche en proche, auprès de nombreux habitants dont les dires prirent, de ce fait, statut officiel de témoignages et les personnes celui de témoins. Mais certains se souviennent que de jeunes fêtards n’ont pas salué la procession religieuse lors de la Fête-Dieu dernière.
Des trois jeunes gens nommés - Gaillard d’Etallonde, Moisnel et Jean-François de La Barre -, le sort frappera durement le dernier. Le 4 juin 1766, le Parlement de Paris statue sur le crime d’impiété du Chevalier de La Barre.
Le 1er juillet 1766, il est décapité et son corps jeté aux flammes avec l’exemplaire saisi du Dictionnaire Philosophique.


